jeudi 17 novembre 2011

La présence reconnue d'amiante change tout | L'Union


Revin (Ardennes). « L'affaire ne fait que commencer », déclare Me Brun. Le rapport final demandé par le CHSCT sur l'amiante sera présenté aujourd'hui. Pour les salariés, tout doit être renégocié.

«ON va tranquillement voir son médecin… Vous avez tous été exposés à l'amiante », conseille Me Brun, avocat des licenciés d'Ideal Standard International.
Le visage inquiet, une cinquantaine d'ex-Porcher, réunis hier en mairie de Revin, écoutent leur défenseur.
Cette réunion était destinée à leur expliquer ce qui va changer pour eux à la suite de la restitution du rapport final sur l'amiante effectué par le cabinet Technologia.
Ce rapport demandé par le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l'entreprise était contesté par la direction.
Dans un arrêt en date du 18 octobre, la cour d'appel de Reims a reconnu le bien-fondé du CHSCT à mandater son propre cabinet d'expertise.
Les conclusions du rapport seront rendues, aujourd'hui, par les experts lors d'une réunion avec les membres du CHSCT, de la direction, de l'inspection du travail, de la caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT).
« Le rapport dit qu'il y avait de l'amiante partout. Dans les fours bien entendu, mais aussi dans la toiture, les plafonds, dans les bureaux, partout », explique Me Brun.
Conséquences pour les salariés ?
« D'abord, il s'agit d'un vrai problème de santé. Les salariés doivent prendre rendez-vous chez leur médecin pour faire tous les examens nécessaires.
Ensuite, cela va entraîner une vraie anxiété. Des fois, les maladies se déclenchent tente ans plus tard. Il y aura un préjudice d'anxiété. On va devoir demander réparation pour ce préjudice au conseil des prud'hommes.
Ensuite, on va demander à l'Etat de classer le site comme amianté. L'intérêt est que les salariés puissent bénéficier des prêts retraites amiante à partir de 50 ans. En effet, il ne faut pas que les salariés seniors subissent la double peine : le licenciement - avec, à leur âge, une quasi-impossibilité de se reclasser - et la maladie », poursuit Me Brun. « Les accords de licenciement ne sont plus valables »
Cette nouvelle donne entraînera aussi un bouleversement en termes de compensation.
« Ideal Standard croyait que l'affaire était close, mais elle ne fait que commencer », informe Me Brun.
« Le dossier du licenciement économique et du plan de sauvegarde de l'entreprise ne fait que débuter, car les transactions signées par chacun des salariés pour toucher la somme de 22.500 euros* ne sont pas valables. Chaque salarié retrouve le droit de contester le bien-fondé de son licenciement », poursuit Me Brun.
D'expliquer que, parallèlement, l'accord individuel signé entre l'employeur et chaque personne n'est pas valable, car il résulte d'un accord collectif des syndicats et non d'un accord individuel.
« On ne peut pas faire deux procédures sur le plan prud'homal, on est obligé de lier les deux affaires », explique Me Brun.
Dans cette vaste affaire, les salariés d'Oxame (ancienne fonderie Porcher fabriquant des baignoires) vont aussi rejoindre le combat.
« Notre combat commence avec les Oxame qui sont tous nos anciens collègues de Porcher, nous sommes décidés à aller jusqu'au bout », explique Marie-Claude Moriau, ancienne secrétaire du CE de Ideal Standard (ex-Porcher céramique, WC lavabo, gros grés et petit grés)
A.J.



* Les licenciés conserveraient toutefois le bénéfice de la prime de 22.500 euros.

dimanche 2 octobre 2011

Le gros démantèlement de la ferraille commence chez Porcher | L'Union


REVIN (Ardennes). La défunte Porcher fermée en avril se réduit peu à peu en pièces détachées. Le gros démantèlement débute cette semaine.

LE démantèlement des petits circuits de feue Porcher, débuté juste après la fermeture de l'usine fin avril, est terminé depuis vendredi. Les petites chaînes de montage, bancs de moulage et petits convoyeurs sont devenus pour la plupart de la matière première, refondus dans les aciéries.
Certaines pièces ont aussi été rachetées par des usines locales, d'autres reprises par Ideal Standard (ex-Porcher).
Place maintenant au gros démantèlement. Cette phase commencera cette semaine.
« Il y a de gros circuits. Le circuit d'émaillage, le circuit gros grès, par exemple, qui constituent plusieurs centaines de tonnes de ferrailles », explique Régis Depay, secrétaire du CHSCT (comité d'hygiène et sécurité et des conditions de travail).
« Rien que les circuits gros grès sont sur trois à quatre étages », renchérit Patrick Faillon, ancien mouleur.
Seules les zones non-amiantées seront démantelées pour l'instant. En effet, le désamiantage est au statu quo. Et ceci depuis que la direction de l'usine Ideal Standard a contesté le rapport de l'expert- le cabinet Technologia - choisi par les syndicats de l'usine en mars auprès du tribunal d'instance de Charleville-Mézières. La direction a été déboutée une première fois et a fait appel.
Les membres du CHSCT de l'usine ont les yeux rivés sur le mardi 18 octobre, date à laquelle la cour d'appel de Reims rendra sa décision pour la reconnaissance du rapport de Technologia (lire ci-contre).
En attendant, les ouvriers du chantier de démantèlement doivent travailler avec force précaution.

Amiante dans les fours

« Dans le gros grès, il y a des zones qu'on ne touche pas tant que le doute n'est pas levé sur la présence d'amiante », soutient Sébastien Devallée, ancien responsable gros grès.
Le démantèlement des fours se fera en dernier lieu car ils sont soupçonnés de contenir de l'amiante à foison.
« Il y a deux grands fours de cent mètres de long. On les appelle les ''fours tunnels'' qui fonctionnaient avec du gaz. Il y a aussi le four 5 qui cuisait des pièces. Les wagons de four électriques sont aussi amiantés », détaille M. Depay.
Et il n'y a pas que le maniement de l'amiante qui demande des précautions, il y a aussi les fibres de céramique. « Elles ne sont pas reconnues nuisibles par la Sécurité sociale mais elles sont cousines de l'amiante. Elles se trouvent dans les fours et dans les wagons. On n'y touche pas pour l'instant », conclut M. Depay.
Arlyne JEANNOT

Amiante : la prise en charge des salariés dépendra du rapport | L'Union

La reconnaissance du rapport du cabinet d'expert Technologia, contesté par Idéal Standard, va impacter sur la prise en charge des soins dont pourront avoir besoin les anciens salariés de Porcher.
« Bon nombre de personnes sont susceptibles d'être malades. Le cabinet a cité des oublis de protection, nous avons travaillé sans protection pendant des années », soutient Régis Depay.
« Dans le prérapport de Technologia, vingt-sept prélèvements ont été faits. Sur les vingt-sept prélèvements, dix-huit sont positifs. Les prélèvements ont été faits par exemple dans des joints de ventilation de chauffage, des joints de bribe, des jupes de wagon », poursuit-il.
Le syndicaliste rappelle que l'abestos, maladie causée par l'amiante, peut se déclarer des années après avoir été exposé à ce matériau.
La direction a, par ailleurs, engagé un autre cabinet d'expert, Socota, qui, lui, a effectué cinq prélèvements. Tous se sont relevés positifs.
Un prélèvement d'ambiance a aussi été fait. « Il s'est révélé négatif. »
« C'est normal, il n'y a plus d'activité maintenant », soutient M. Depay.
Nous avons tenté de joindre la direction sans succès.

mercredi 1 juin 2011

Voilà, c'est fini...

Notification de licenciement reçue ce matin, même préparé depuis le 12 janvier, ça fait mal...
Bon courage à tous.