mercredi 18 janvier 2012

Que sont devenus les ex-Porcher ?

REVIN (Ardennes) L'annonce de la fermeture de Porcher (propriété du groupe Ideal Standard), le 12 janvier 2011, a fait l'effet d'un coup de massue dans la cité industrielle de Revin. Un an après, que sont devenus les 143 salariés de l'historique usine revinoise ? Le cabinet Altedia, chargé d'accompagner les ex-Porcher, répond que déjà 50 % d'entre eux ont « trouvé une solution ».
C'est difficile, mais les gens s'accrochent

D'abord, il convient de préciser que la fermeture effective de l'usine d'équipements sanitaires en céramique n'a eu lieu que le 22 avril 2011. La première vague de notifications de licenciement n'est arrivée qu'au mois de juin. Elle a concerné 112 personnes. Les autres lettres sont arrivées les mois suivants. En fait, le site compte encore neuf salariés, dédiés par exemple à la maintenance du site, et même, pour l'un, à l'accompagnement du personnel.
Aujourd'hui, aucun ex-Porcher ne pointe à Pôle Emploi. Pour l'instant, ils sont engagés dans un « congé de reclassement ». Ce dispositif est imposé aux entreprises de plus de 1 000 salariés qui licencient pour des raisons économiques. La durée de ce congé est comprise entre 9 et 14 mois suivant l'âge du salarié qui perçoit environ les trois quarts de son ancien salaire brut. Quatre salariés n'ont pas adhéré au congé de reclassement pour des questions de santé ou en raison de choix personnel. Cinq sont ou vont bientôt partir à la retraite.
Sept mois après la fermeture de l'usine, 30 personnes ont retrouvé un travail : 14 en contrat à durée indéterminée et 16 en contrat à durée déterminée de plus de six mois avec un CDI en ligne de mire. Parmi les 30 chanceux, 11 sont allés travailler à plus de cinquante kilomètres de Revin. Ils ont trouvé du travail à Lyon, Laon, Angoulême ou encore Maubeuge. Certains ont retrouvé un travail dans le même domaine : la céramique. Donc, 19 ex-Porcher ont donc été recasés non loin de Revin. Léocadie Fardel, responsable de la région Champagne-Ardenne d'Altedia, explique la démarche de son cabinet. « Nous prospectons les entreprises du bassin et lorsque nous détectons des potentiels de recrutement, nous sollicitons les responsables RH pour échanger avec eux et leur présenter les profils que nous accompagnons ». Altedia a mis cinq équivalents temps-plein sur le dossier à Revin, soit environ un accompagnateur pour 25 salariés. Pôle Emploi est hélas très loin de ce ratio.

Par ailleurs 23 personnes sont engagées dans des formations de reconversion. Elles sont validées en amont par Altedia en fonction des potentiels de recrutement. Les candidats peuvent effectuer des stages préalables et participent à des « enquêtes métier » pour se faire une idée précise de la voie qu'ils choisissent. Certains optent pour des métiers qualifiants dans l'industrie. D'autres changent de cap pour devenir chauffeur de camion et de bus ou se lancent dans des métiers sociaux tels que le service à la personne. L'un des anciens salariés a décidé de créer un commerce.
Effectivement, près de la moitié des ex-Porcher ont donc trouvé une voie. Quid des autres ? Certains sont encore en train de chercher une formation, d'autres travaillent à la création de leur entreprise. James Thiery, l'ex-Porcher chargé de l'accompagnement de ses collègues, témoigne de la difficulté, notamment psychologique, d'affronter ce plan social dans une ville qui en a connu d'autres et qui redoute l'avenir. « Les gens se sentent capables de travailler, mais ils n'arrivent pas à trouver d'emploi. Ils se posent plein de questions mais il n'y a pas de réponses. Ils sont de plus en plus moroses ». Léocadie Fardel relativise cet état d'esprit. « C'est difficile, c'est vrai, mais l'on sent que les gens s'accrochent, qu'ils ont envie ». Mme Fardel se félicite de disposer d'importants moyens, notamment en termes de formation. Le tout est financé par le groupe Ideal Standard qui, paradoxe jugeront certains, se retrouve à investir fortement pour la fermeture de son usine ardennaise.
 
Julien Bouillé

samedi 14 janvier 2012

De qui se moque t'on ? regardez qui faisait partie des trois tables rondes (à la la fin de l'article...en fluo) après avoir licencié 311 personnes en france en 2011 !!!!

François Bayrou veut une France "productrice" à l’horizon 2020

Le 14 janvier 2012 par Patrick Déniel
François Bayrou
© D.R. - Modem
Avec la perte du triple A de la France, la campagne présidentielle est entrée dans une nouvelle phase, et le ton de la classe politique a changé. François Bayrou, candidat du centre, n'a pas manqué ce samedi 14 janvier de revenir sur cette sanction et de préciser son agenda pour un redressement économique.
"Il a été révélé hier soir aux yeux des Français que la situation de notre pays était plus grave que les gouvernements successifs ne l'avaient dit depuis longtemps. Cette nouvelle va obliger tout le monde à regarder la réalité en face et va obliger certains à sortir des chimères" : ainsi parlait François Bayrou ce matin, en préambule de la première édition d'une série de quatre forums avec des personnalités de la vie civile, à la Maison de la Chimie, à Paris.
Les quatre rencontres ont pour but de déboucher sur un agenda 2012-2020 baptisé "Gouverner, c'est prévoir". Cet agenda devrait regrouper les propositions du candidat centriste, qui a repris à l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder cette idée d'échéancier à long terme. Le programme se déclinerait ainsi en lois cadre dès le début de la législation, et notamment sur l'industrie.
Lors du forum d'aujourd'hui, trois tables rondes se sont déroulées simultanément, sur des thèmes de campagne chers au candidat du Modem : "Produire en France", "Equilibre et croissance" et "Produire durablement".
En clôture de la manifestation, François Bayrou a affiché un discours très volontariste sur l'industrie : "Retrouver la production, il n'existe aucun autre moyen de rétablir la situation de la France ! Il n'y a pas d'emploi sans production, il n'y a pas d'intégration des jeunes dans la vie active sans production, il n'y a pas de pouvoir d'achat sans production, il n'y a pas de finances publiques en équilibre sans retour de la production" estime le candidat centriste, qui veut construire d'ici 2020 une "France productrice".
Le fondateur du Modem fustige par ailleurs l'abandon de la politique industrielle dans les années 80 et 90, "résultat : les pays à stratégie comme l'Allemagne, avec la détermination de défendre la place de leurs productions et de vrais liens entre entreprises et banques, ont sauvé d'abord et porté ensuite leur appareil de production au plus haut niveau mondial". "Nous, nous n'avons plus accordé d'intérêt à l'appareil de production", remarque François Bayrou qui veut faire du retour à la production la "mère de toutes le batailles"...
Le candidat centriste, qui défend l'idée d'un "état-statège" en matière industrielle, propose qu'une loi-cadre soit adoptée en France à la rentrée parlementaire qui portera sur le "réarmement productif" du pays. Il souhaite également la mise en place d'un Commissariat aux Stratégies, à l'image de l'ancien Commissariat au Plan.
François Bayrou défend aussi l'idée d'une politique à l'échelle européenne : "Il est temps que la politique économique de l'Europe, qui se limite à une politique de la concurrence, devienne aussi une politique industrielle". Ainsi, s'il est élu, François Bayrou proposera à ses partenaires européens un plan de reconquête des marchés dont l'Europe est absente, en particulier dans les secteurs de haute technologie.
En matière sociale, le candidat veut ouvrir un travail approfondi sur l'évolution de la démocratie sociale en France. "Bien des sujets devront être mis sur la table : les taux de syndicalisation, la gouvernance de l'entreprise, et aussi le financement des syndicats comme des organisations patronales", avertit François Bayrou.
L'industrie bien représentée
De nombreux industriels avaient fait le déplacement pour cette matinée de débats autour de ces trois tables rondes : Francis Mer, vice-président de Safran, Eric d’Arcimoles, ancien Pdg de Turbomeca et aujourd’hui conseiller auprès du patron de Safran ; Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric ; Bruno Erhard, en charge des relations extérieures du laboratoire pharmaceutique Merck ; Caroline Grégoire Sainte Marie, Pdg de Frans Bonhomme ; Marc Lassus, créateur de Gemplus ; Jacques Marie, le patron de Bleu Forêt ; Paul Rivier, l’ancien patron de Tefal, de Calor et de Seb ; Michel de Rosen, le directeur général d’Eutelsat ; Jacques Dubearn, dirigeant d’Ideal Standard, spécialiste de l’univers de la salle de bain.

Etaient également présents plusieurs patrons de PME à l’image de Freddy Decima, dont la société éponyme fabrique des écrans pour la SNCF ou la RATP, de Serge Carpentier, patron de Mecalynox, spécialiste de la chaudronnerie, ou encore Jean-Marc Devise, d’Arras Maxei, produisant des biens d’équipement pour les industries électriques ou encore Alain Fischer, patron d’une société alsacienne qui fabrique des boîtes aux lettres…

mercredi 7 décembre 2011

James Thiery : un ex-Porcher au service des licenciés

Elisez l'Ardennais de l'année.

Un pan de l'histoire industrielle de Revin s'en est allé avec la fermeture d'Ideal Standard. À travers la vie de James Thiery, un ex-Porcher, c'est un hommage rendu ici à des générations d'Ardennais qui ont participé à la renommée du savoir-faire revinois. Car comme pour tant d'autres, pour ce Revinois, Porcher était une histoire de famille. Son grand-père Gabriel Thiery, né à Revin, était entré dans l'usine de sanitaire en 1934. « Il a commencé en fonderie et a terminé en céramique », indique James Thiery.
Après avoir fait ses débuts à la fonderie Billard, son père, né en 1932 à Saint-Michel, suivra le même chemin quelques années plus tard en 1954 exactement. Il était mouleur à main.
Quant à James Thiery, titulaire d'un CAP de chaudronnerie obtenu au collège d'Orzy, il a démarré chez Dardenne à Haybes, où le rythme hebdomadaire était de 52 heures. Il a ensuite été embauché chez Porcher le 27 septembre 1974. Il avait alors 17 ans.
« À Porcher, on était à 46 heures pas semaine. À l'époque, en 1974, j'ai eu un entretien rapide avec Jacques Thomas, le responsable du personnel. Le chef de service avait dit à mon père qu'il recherchait du monde. Il a obtenu un rendez-vous. Et je me suis présenté sans CV ni lettre de motivation », se souvient James Thiery, qui a, tour à tour, occupé plusieurs postes au moulage. Par la suite, j'ai travaillé à l'entretien général, modelage des métaux, l'atelier acrylique, à l'ébarbage, émaillage, à l'entretien de la fonderie pour le cubilot.
Syndiqué CFDT depuis son entrée à l'usine, James Thiery fait partie des délégués investis dans la bataille des Porcher.
« Pour qu'une entreprise marche, il faut investir dans l'humain et dans le matériel. Ce qu'Ideal Standard n'a pas fait. Et on a fini par mourir », raconte-t-il.
Aujourd'hui James Thiery fait toujours partie d'Ideal Standard. Il continue de se battre pour ses collègues avec les moyens dont il dispose. Il s'occupe du reclassement à la cellule mise en place dans l'ancien local de radiologie de la clinique de Revin. Pour l'heure, la moitié des effectifs a soit retrouvé un travail, soit suit une formation avec promesse d'embauche à la clé. Mais il espère bien que d'ici la fin de cet accompagnement personnalisé, tous retrouveront un travail.
Bien connu dans le monde de l'ovalie, James Thiery œuvre également dans le rugby en tant que président du Rugby olympique de Charleville-Mézières. Il est aussi juge aux prud'hommes.

vendredi 18 novembre 2011

Samsonite : on en parle aujourd'hui ... et qui en était propriétaire?

COMMENT SE DÉBARRASSER D’UNE USINE EN FRANCE 
A   BAS COUT ET A COUPS BAS
 
 
SAMSONITE doit fermer l’usine d’Hénin Beaumont le 30 juin 2005 par la volonté de BAIN CAPITAL, fonds de pension propriétaire.
SAMSONITE avait déjà licencié 100 personnes un an auparavant.
Pour éviter à nouveau de graves conflits, aucun dirigeant ne veut prendre la responsabilité de la fermeture.
Officiellement,  80 Millions de dollars sont provisionnés aux Etats-Unis pour la fermeture de l’usine d’Hénin Beaumont.
 
AUTRE SOLUTION : TROUVER UN  REPRENEUR
Coût qui va être démontré : 5 Millions d’euros, et surtout sans les inconvénients d’une fermeture et pour l’image de la marque.
 
 
 
I  - RECHERCHE DU REPRENEUR
 
C’est alors que l’usine d’Hénin Beaumont (unité de production de valises) fut mise en vente dans différents cabinets spécialisés dont celui de M. Maxime RONSAIN qui le présenta au cabinet d’avocats François FAUVET.
Cette reprise est proposée à Messieurs AUREL et SCHRICK qui créent la société ENERGY PLAST. Ils ont en projet la production de panneaux solaires en France avec un contrat de distribution de la société SOLAR WATT en Allemagne, en trois temps :
 d’abord vendre les panneaux solaires,
 les assembler sur place,
 produire dès que le marché français sera à maturité,  délai alors estimé à 2 années.
Une part de 20% du marché français est possible et permettrait l’emploi de 400 personnes.
 
Une première offre de Samsonite est refusée par Messieurs AUREL et SCHRICK, la charge de travail proposée pendant 18 mois est insuffisante, l’offre de reprise aussi.
Monsieur Olivier WALTER (ancien directeur financier de DELSEY) propose alors de combler le manque de charge de travail par la production de valises no name à partir de moules SAMSONITE et soumet un plan d’exploitation prévisionnel qui va assurer le maintien de l’exploitation de l’usine dans les délais impartis pour entreprendre une reconversion.
La  proposition de Monsieur Olivier WALTER est très étayée et est agréée par SAMSONITE qui en dernier ressort est l’expert indiscutable. La cession s’opère au 1er septembre 2005.
L’aide aux repreneurs est d’environ 9 millions d’euros mais qui sera en réalité 4 millions d’euros parce que  d’une part SAMSONITE bloque une partie de la somme (jusqu’à 24 mois), se rembourse immédiatement 1 million et d’autre part, parce que le cabinet FAUVET et  M. Olivier WALTER prélèvent, avant même la signature, des honoraires de 1 million d’euros à la surprise des repreneurs (au motif de ses honoraires, des honoraires d’avocats, et de la charge de travail complémentaire qu’il va apporter).
Ce prélèvement immédiat n’était absolument pas prévu dans le compte d’exploitation.
 
II - EXPLOITATION
  En fait, dès les premières semaines d’exploitation, la charge de travail promise par le compte d’exploitation validé par SAMSONITE n’existe pas.
La société WALCO,  présentée par M. Olivier WALTER (administrateur de cette société) ne passe pas les commandes prévues.
 Tout va se dégrader à partir de ce moment, plus de 100 personnes sur 200 sont au chômage technique, alors que ENERGY PLAST embauche plus de 15 personnes pour développer le solaire. En effet, le département photovoltaïque, contrairement à toutes allégations, arrivait à un chiffre d’affaires et des prévisions substantiels, des commandes étaient déjà obtenues, un parc solaire était installé devant l’usine (qui fut vandalisé), des achats avaient été passés pour approvisionner du silicium nécessaire à la fabrication des panneaux. Une chaîne d’assemblage fut installée (elle figure même dans le catalogue des ventes du matériel après la fermeture de l’usine).
[Une usine de fabrication de panneaux solaires qui emploie actuellement plusieurs centaines de personnes fonctionne très bien en Angleterre à partir d’un support plastique, ce qui devait être réalisé à Hénin Beaumont.]
C’est un manque de charge de travail dramatique pour l’usine de près de la moitié de sa capacité par rapport au prévisionnel approuvé par SAMSONITE.
Les repreneurs qui n’ont perçu qu’une aide de 4 millions d’euros, perdent 380 000 euros par mois malgré tous les efforts déployés pour donner du travail à l’usine de toutes les manières possibles. On peut imaginer très rapidement après 17 mois d’exploitation, où est passée l’aide aux repreneurs. Comment peut-il être reproché de ne pas avoir déployé la fabrication de panneaux solaires alors que l’aide à la reconversion passe tous les mois dans le manque cruel de charge de travail promis, (50% de chômage technique).
 
Il convient de faire courir comme information que cette aide ne peut être ailleurs que dans la poche des repreneurs. Tout va être mis en œuvre, en particulier avec les coups de butoir donnés par la CGT à la presse, qui vont bien servir SAMSONITE, créant ainsi un écran de fumée sur la vérité,  car il s’agit bien d’une opération d’essaimage et d’escamotage de la fermeture de l’usine.      
 
 
 
 
 III - LA FERMETURE
 
Au mois de janvier 2007, la situation était désastreuse.
Les manifestations étaient violentes, les camions bloqués, (l’usine produisait pour des sous-traitants divers, en particulier pour l’automobile, plasturgie…), les pneus brûlaient dans la cour de l’usine, (on comprend bien pourquoi SAMSONITE n’a pas voulu affronter ça).
Un médiateur est nommé par le Tribunal de Commerce, M. Régis VALLIOT. Il réunit salariés, syndicats, CGT, SAMSONITE, ENERGY PLAST sous l’égide du Sous-Préfet.
Il analyse rapidement la situation : conserver le site avec 80 personnes, c’est possible mais il supplie les syndicats de laisser sortir les camions sinon il n’y aura plus de crédibilité auprès des clients restants.
La CGT va consulter la base : refus, les camions resteront bloqués.
Le lendemain, le médiateur annonce que tout est perdu.
 
BAIN CAPITAL et la CGT aboutissent au même résultat : la fermeture
SAMSONITE était bien tranquille derrière l’écran de fumée provoqué par la CGT et relayé par la presse.
Le Président Directeur Général de SAMSONITE, M. BOTOLI, de nationalité italienne et résidant à Londres, est reçu par le Ministre du Travail, M. Gérard LARCHER, sous les ors de la République (les repreneurs sont les coupables) et retourne le soir même à Londres, au siège et on imagine très bien le coup de coude qu’il doit donner à son ami du fonds de pension (BAIN CAPITAL), se réjouissant de la belle opération qu’ils venaient de conclure.
Dès le lendemain de la fermeture, SAMSONITE réclame le remboursement des 1,8 M euros qui restent dans la caisse d’ENERGY PLAST (oui, la société arrête avec 1,8 M euros dans sa caisse au Crédit Mutuel) alors que la CGT, les médias ne cessent et ne cesseront jamais de crier que les repreneurs ont soustrait cette somme. Cet argent est là, bien là, bloqué par le repreneur et mis à la disposition du liquidateur. Il est en charge de cette somme et il pense que juridiquement SAMSONITE va obtenir gain de cause pour le récupérer.
 
 
 
IV - A QUI PROFITE L’OPERATION ?
 
Là, il convient de bien préciser les choses : quelques semaines après la cession de l’usine d’HENIN BEAUMONT, BAIN CAPITAL vend SAMSONITE (évidemment sans l’usine d’HENIN BEAUMONT) à un autre fonds de pension pour la somme de 1 millard 700 millions de dollars.
  Par un effet de levier, BAIN CAPITAL, le fonds de pension, a gagné à minima 50 millions d’euros sur cette opération et SAMSONITE est partie civile au procès !!!
  De leur côté, Olivier WALTER et le cabinet FAUVET ont gagné 1 million d’euros.
  SAMSONITE a évité tous les conflits sociaux et les frais de la fermeture de l’usine.
Dès la fermeture, SAMSONITE a immédiatement récupéré ses moules par voie judiciaire.
SAMSONITE a une usine en Inde qui fonctionne très bien.
 
A NOTER
C’est la même opération que METALEUROP avec une subtilité en plus. Le PDG de METALEUROP avait été recruté par petites annonces.
Là, c’est plus sophistiqué. Il suffit de faire croire que la reprise sera une  affaire viable pour les salariés et les repreneurs.
SAMSONITE a présenté le compte d’exploitation prévisionnel sans plus d’expertise et avec la plus grande légèreté au Comité d’Entreprise avec M. Olivier WALTER (qui d’autres que ces experts peuvent mieux connaître le marché de la bagagerie?). Le plan  présenté a de quoi rassurer les repreneurs ainsi que les salariés puisque le photovoltaïque devra se développer progressivement et  à moyen terme.
«  Ne vous inquiétez pas Messieurs les Repreneurs, nous sommes liés, nous ne vous abandonnerons jamais », c’est ce que disait SAMSONITE.
Les multinationales savent très bien se servir des lobbyistes et pour 80 Millions de dollars  peuvent faire l’histoire selon leurs souhaits.
 
 
 
ASPECT JUDICIAIRE
La chancellerie, les médias, la police, le tribunal, avec une fulgurance remarquable, citation directe, sans juge d’instruction, sans avocats.
Par quel miracle SAMSONITE s’est retrouvée partie civile…
Par quel miracle, le coupable est devenu la victime ? « On invite le pyromane à souffler sur les braises ».
Trois procureurs, pas moins, vont s'abattre comme la foudre :
Le premier, celui de la Chancellerie du Ministère Public,  s’adressera plus aux médias qu’au Tribunal et dans la nostalgie des sections spéciales va réclamer une sentence pour l’exemple.
Le second, Fiodor Rilov est là. Il était l’avocat des salariés mais comme les salariés ne sont pas Partie Civile (ce qui semble avoir échappé à tout le monde), par un artifice dont il a le secret, il s’invite à la curée au prétexte qu’il défend la Commune, (cette dernière n’était sans doute pas au courant que SAMSONITE avait pris la décision de fermer l’usine et que les repreneurs avaient en fait prolongé son activité pendant 14 mois). Alors on se demande ce qu’il fait là. Il a, LUI, la bienveillante écoute du Tribunal. Sans juge d’instruction, sans avocat, il est comme « un poisson dans l’eau ». Ca doit lui rappeler avec nostalgie les procès en Europe de l’Est dans les années cinquante. Il ne peut pas s’empêcher de mettre la tête d’un patron au bout d’une pique. Pourtant, au contraire de son confrère qui va suivre, c'est plus tard qu'il fera preuve d’un étonnant discernement en prenant de la hauteur sur le dossier et qu'il mettra en lumière les responsabilités de SAMSONITE.
Le troisième, M. Cateli, représente le liquidateur. Fondu de frustration, il veut être le Procureur en chef, ne parle que du passif, oublie totalement l'actif qu'il détient. Il est amnésique sur SAMSONITE et a totalement oublié que l’usine devait fermer en juin 2005, il n'aura pas la clairvoyance de son confrère Rilov.
 
                                                                                                    "La justice ça peut pas être la curée et n'importe quoi."
                                                                                                                                                               Le Juge Gilbert Thiel
 
Soyez tranquille Samsonite avec vos millions entassés, la justice est passée et Voltaire est mort deux fois en France.

jeudi 17 novembre 2011

La présence reconnue d'amiante change tout | L'Union


Revin (Ardennes). « L'affaire ne fait que commencer », déclare Me Brun. Le rapport final demandé par le CHSCT sur l'amiante sera présenté aujourd'hui. Pour les salariés, tout doit être renégocié.

«ON va tranquillement voir son médecin… Vous avez tous été exposés à l'amiante », conseille Me Brun, avocat des licenciés d'Ideal Standard International.
Le visage inquiet, une cinquantaine d'ex-Porcher, réunis hier en mairie de Revin, écoutent leur défenseur.
Cette réunion était destinée à leur expliquer ce qui va changer pour eux à la suite de la restitution du rapport final sur l'amiante effectué par le cabinet Technologia.
Ce rapport demandé par le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l'entreprise était contesté par la direction.
Dans un arrêt en date du 18 octobre, la cour d'appel de Reims a reconnu le bien-fondé du CHSCT à mandater son propre cabinet d'expertise.
Les conclusions du rapport seront rendues, aujourd'hui, par les experts lors d'une réunion avec les membres du CHSCT, de la direction, de l'inspection du travail, de la caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT).
« Le rapport dit qu'il y avait de l'amiante partout. Dans les fours bien entendu, mais aussi dans la toiture, les plafonds, dans les bureaux, partout », explique Me Brun.
Conséquences pour les salariés ?
« D'abord, il s'agit d'un vrai problème de santé. Les salariés doivent prendre rendez-vous chez leur médecin pour faire tous les examens nécessaires.
Ensuite, cela va entraîner une vraie anxiété. Des fois, les maladies se déclenchent tente ans plus tard. Il y aura un préjudice d'anxiété. On va devoir demander réparation pour ce préjudice au conseil des prud'hommes.
Ensuite, on va demander à l'Etat de classer le site comme amianté. L'intérêt est que les salariés puissent bénéficier des prêts retraites amiante à partir de 50 ans. En effet, il ne faut pas que les salariés seniors subissent la double peine : le licenciement - avec, à leur âge, une quasi-impossibilité de se reclasser - et la maladie », poursuit Me Brun. « Les accords de licenciement ne sont plus valables »
Cette nouvelle donne entraînera aussi un bouleversement en termes de compensation.
« Ideal Standard croyait que l'affaire était close, mais elle ne fait que commencer », informe Me Brun.
« Le dossier du licenciement économique et du plan de sauvegarde de l'entreprise ne fait que débuter, car les transactions signées par chacun des salariés pour toucher la somme de 22.500 euros* ne sont pas valables. Chaque salarié retrouve le droit de contester le bien-fondé de son licenciement », poursuit Me Brun.
D'expliquer que, parallèlement, l'accord individuel signé entre l'employeur et chaque personne n'est pas valable, car il résulte d'un accord collectif des syndicats et non d'un accord individuel.
« On ne peut pas faire deux procédures sur le plan prud'homal, on est obligé de lier les deux affaires », explique Me Brun.
Dans cette vaste affaire, les salariés d'Oxame (ancienne fonderie Porcher fabriquant des baignoires) vont aussi rejoindre le combat.
« Notre combat commence avec les Oxame qui sont tous nos anciens collègues de Porcher, nous sommes décidés à aller jusqu'au bout », explique Marie-Claude Moriau, ancienne secrétaire du CE de Ideal Standard (ex-Porcher céramique, WC lavabo, gros grés et petit grés)
A.J.



* Les licenciés conserveraient toutefois le bénéfice de la prime de 22.500 euros.

dimanche 2 octobre 2011

Le gros démantèlement de la ferraille commence chez Porcher | L'Union


REVIN (Ardennes). La défunte Porcher fermée en avril se réduit peu à peu en pièces détachées. Le gros démantèlement débute cette semaine.

LE démantèlement des petits circuits de feue Porcher, débuté juste après la fermeture de l'usine fin avril, est terminé depuis vendredi. Les petites chaînes de montage, bancs de moulage et petits convoyeurs sont devenus pour la plupart de la matière première, refondus dans les aciéries.
Certaines pièces ont aussi été rachetées par des usines locales, d'autres reprises par Ideal Standard (ex-Porcher).
Place maintenant au gros démantèlement. Cette phase commencera cette semaine.
« Il y a de gros circuits. Le circuit d'émaillage, le circuit gros grès, par exemple, qui constituent plusieurs centaines de tonnes de ferrailles », explique Régis Depay, secrétaire du CHSCT (comité d'hygiène et sécurité et des conditions de travail).
« Rien que les circuits gros grès sont sur trois à quatre étages », renchérit Patrick Faillon, ancien mouleur.
Seules les zones non-amiantées seront démantelées pour l'instant. En effet, le désamiantage est au statu quo. Et ceci depuis que la direction de l'usine Ideal Standard a contesté le rapport de l'expert- le cabinet Technologia - choisi par les syndicats de l'usine en mars auprès du tribunal d'instance de Charleville-Mézières. La direction a été déboutée une première fois et a fait appel.
Les membres du CHSCT de l'usine ont les yeux rivés sur le mardi 18 octobre, date à laquelle la cour d'appel de Reims rendra sa décision pour la reconnaissance du rapport de Technologia (lire ci-contre).
En attendant, les ouvriers du chantier de démantèlement doivent travailler avec force précaution.

Amiante dans les fours

« Dans le gros grès, il y a des zones qu'on ne touche pas tant que le doute n'est pas levé sur la présence d'amiante », soutient Sébastien Devallée, ancien responsable gros grès.
Le démantèlement des fours se fera en dernier lieu car ils sont soupçonnés de contenir de l'amiante à foison.
« Il y a deux grands fours de cent mètres de long. On les appelle les ''fours tunnels'' qui fonctionnaient avec du gaz. Il y a aussi le four 5 qui cuisait des pièces. Les wagons de four électriques sont aussi amiantés », détaille M. Depay.
Et il n'y a pas que le maniement de l'amiante qui demande des précautions, il y a aussi les fibres de céramique. « Elles ne sont pas reconnues nuisibles par la Sécurité sociale mais elles sont cousines de l'amiante. Elles se trouvent dans les fours et dans les wagons. On n'y touche pas pour l'instant », conclut M. Depay.
Arlyne JEANNOT